Chroniques d'un RER ordinaire - Japan Expo
Trajet : De Gabriel Péri à Aéroport Roissy Charles de Gaule 1
Dans les écouteurs : Chuck - bande originale de la série.
Cela fait un moment que je ne trouvais plus rien d'intéressant dans mes voyages transilliens, et que je n'avais donc pas partagé l'un d'entre eux avec vous.
Plus de grèves inutiles pour conserver les privilèges d'agents de transport déjà bien nourris par les impôts du contribuable et les redevances mensuelles outrageusement chères (103 euros) payées par des millions de franciliens, plus de bastons de clodos, de sprints rageux pour se faire une place, j'étais très heureux depuis que j'avais remplacé mon trajet vers la Bretagne — oui, Saint-Germain en Laye, c'est tellement l'Ouest que c'est la Bretagne — vers Bruxelles — enfin, Roissy, mais c'est très au Nord, Roissy).
Et là, après avoir savouré des voyages tranquilles, remplis de sudoku, de mots croisés, d'horoscope et d'hôtesses d'accueil du salon du Bourget — la jolie blonde aux yeux bleus qui lisait "Les larmes du crocodile", si tu es sur parano, n'hésite pas à me contacter — il s'est passé un évènement inattendu et tellement absurde qu'il fallait absolument que je m'en fasse le scribe, à défaut du barde — vous ne voudriez pas m'entendre chanter, je vous le promets.
La semaine dernière, à compter de jeudi, a eu lieu la Japan Expo à Villepinte. Inutile de vous dire que je n'ai pas mis les pieds dans cet antre du consumérisme à l'orientale - je ne paye pas pour aller acheter des choses, c'est dans ma nature, mais j'ai vu les gens s'y rendre. Et c'était déjà un spectacle palpitant.
Et si on matait ensemble du cosplay sauvage ?
Tout commence à Châtelet-Les Halles où je change de ligne pour aller me ruer dans le RER B en direction du Grand Nord. Là, je constate une nette augmentation du nombre de voyageurs sur le quai qui accueille les trains desservant ma destination. Il est 8h05, par là, et j'ai la tête profondément enfoncée dans mon fion, la soirée de la veille a été dure, très dure.
Le RER arrive, rompu par l'habitude, je suis assis un instant après l'ouverture des portes dans un carré de quatre, sous la fenêtre. Il est 8h06, et il fait 35° dans la rame de RER. Et là, je commets l'impardonnable, l'erreur de débutant, l'idiotie du provincial qui fait son premier voyage, et je regarde la personne en face de moi.
C'est Naruto. Bon, un mauvais clone de Naruto originaire de Dallas, Texas, vu le nombre de cheeseburgers qu'il a dû ingurgiter pendant ces dernières années. Je lève un sourcil sourcilleux (copyright Francis), et tente de remplir ma grille de sudoku sans pouffer de rire. "Que fait Naruto dans mon wagon ?", ne puis-je m'empêcher de penser. "Qu'ai-je bu hier soir ?", tenté-je de me souvenir. Et là, je relève la tête et regarde la voisine de Naruto.
Malheureusement pour mon déjà piètre talent scénaristique, je ne suis absolument pas expert en japanimation à l'exclusion de quelques blockbusters comme le Naruto sus-nommé ou des dessins animés ayant bercé mon enfance, Saint-Seiya — dont ils sortent un préquel — Goldorak, Ulysse 31 et autres joyaux. Du coup, je n'ai pas reconnu le personnage qu'incarnait cette demoiselle, une jeune fille en fleur, je suppose, à la longueur de la jupe, ou un personnage des Muppets, vu l'épaisseur de ses jarrets.
Je monte d'un cran dans la panique, et me demande à quel moment on m'a glissé des champignons ou de l'acide dans mon verre — ce qui aurait également expliqué de manière cohérente la présence d'un vélo pour dame dans mon salon au réveil, sur lequel je m'étais interrogé quelques heures plus tôt sans grand succès. Mais à part une dose d'alcool supérieure à la normale, je n'avais pas souvenir d'avoir absorbé autre chose. Je tente donc, courageux, de regarder la personne à côté de moi (en face de la jeune fille en fleur).
Sangoku ? Le kimono rouge, les cheveux en pétard, et la stature d'un Arnold Schwarzenneger sous amphèt'. Celui-là n'était p't'être pas capable de lancer des boules de feu, mais j'aurais pas aimé qu'il m'en colle une. Je décide donc, courageusement, d'arrêter de pouffer bêtement en me cachant derrière mon journal, et en profite donc pour en lire les titres. "Aujourd'hui ouvre la Japan Expo", lis-je. Je comprends donc qu'il s'agit de cosplayers. Et du coup, je me dis que si sur 4 voyageurs, ils sont déjà trois, il y a une chance pour que le wagon en soit rempli. J'observe donc attentivement le reste des habitants, et constate qu'effectivement, le wagon est remplis d'otakus costumés, en pèlerinage annuel vers leur Mecque.
Et là, moi, je dis merci la Japan Expo, parce que certes, y'avait tout de même des gens qui n'ont aucune peur du ridicule (p't'être que je serais encore plus laid qu'eux dans ce genre de costumes, mais vous ne me verrez jamais attifé ainsi), mais il y avait aussi de très beaux costumes. Et surtout, l'uniforme d'écolière japonaise, bien porté, il est tout de même carrément bandant.
Roissy, à vous les studios.
Derniers commentaires